Les feuilles tombent déjà dans ma cour, signe que la chaleur ardente des dernières semaines et le grand nettoyage qui a eu lieu il y a une semaine et demie commencent à avoir raison de mes vignes. C’est désolant de voir la nature être malmenée de la sorte, moi qui avais créé mon oasis de paix et de tranquillité dans le brouhaha et la cacophonie de la ville.
On va se croiser les doigts pour que mes vignes résistent encore un bon mois avant de commencer à montrer leurs couleurs automnales, car j’ai besoin de ce cocon végétal pour ma santé mentale ces temps-ci…
Le cours des choses a lieu, et le calme d’une vie maintenant sans drame quotidien me préoccupe l’âme. Habituée que j’étais, telle une junkie, au chaos d’une existence remplie de troubles avec les autres, je me retrouve désormais dans ce silence qui m’est presque étranger.
Je suis dans le creux de l’été où, à chaque août, je désespère de tout. Épuisée et drainée que je suis d’une vie d’adulte responsable devant se tenir forte face à un monde rempli de mauvaises nouvelles, d’événements “que l’on ne voit qu’une seule fois dans notre vie”, et de gens malhonnêtes qui exploitent les autres, amorphes. Un monde où tout le monde est simplement épuisé de tout.
Et pourtant, dans cette mélancolie d’août, il y a quelque chose de nécessaire. Comme si cette fatigue était un passage obligé avant de pouvoir respirer à nouveau, avant que septembre vienne me rappeler que la vie continue, que les saisons tournent, que même mes vignes malmenées finiront par reverdir.
C’est comme ça à chaque année : août est mon mois de dépression saisonnière, avant que l’énergie frénétique du renouveau de la rentrée ne me prenne aux tripes et me requinque complètement. En attendant de retrouver mon élan, je suis dans un mood contemplatif où je me mets à rêver de retraite, ou du moins d’une sabbatique tant désirée…
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