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Melting pot de nouvelles sur moi

  

Désolé de ce petit vide de nouvelles ces derniers jours, mais j’avais besoin de repos. Beaucoup d’activités et de nouveautés dans la vie ces temps-ci, et ça m’épuise un peu mentalement. Mais je vais m’en remettre, comme toujours ;)

Anyway, j’ai passé une agréable soirée hier soir pour la fête de Frédéric Harper aux 3 Brasseurs, puis au St-Sulpice, avec lui-même, sa douce, Kindo et plusieurs autres. Bien que je me sentais hyper vieille parmi un troupeau de pseudo-mineurs (j’avais tellement l’impression que nous étions les plus vieux dans le bar!), je me suis bien amusée. Par contre, mon foie prend difficilement l’alcool. Je l’ai dit auparavant, mais ma jeunesse s’est enfuie pour faire place à une presque-trentenaire sage et mature qui doit faire attention à son “vieux” corps :P

J’ai commencé à marcher pour aller au boulot la semaine dernière. Le temps doux aidant, je trouve agréable cette marche bi-journalière. Ça me remet tranquillement en forme, et ça diminue mon tour de taille (ça va être long, mais déjà  un gros 2 livres de perdus, je vais faire ma danse de la joie :P ). J’aime beaucoup que nos nouveaux bureaux sont seulement à 35 minutes de chez moi.

Autre belle surprise, mon remboursement d’impà´t de cette année. Un gros montant, mais qui sera utilisé à payer mes dettes d’études. Comme quoi je suis réellement passée à une autre étape dans ma vie: la maturité financière! Faut bien, tà´t ou tard, recommencer à payer ces années de fiesta et d’études.

La Saint-Patrick arrive à grand pas, et je crois bien que ma couleur de cheveux sera ma seule ode à la fête. Finie les visites au pub irlandais (je dis ça, mais je semble revenir constamment sur mes propos…). Par contre, j’ai déjà  en tête mes prochaines couleurs de cheveux…Hé oui, couleurs avec un S. 3, pour être précise.

Pour ceux que ça intéresserait, le week-end prochain aura lieu la Nuit de la Philosophie à l’UQAM, et j’y serai avec mon bon ami Lorien. Nous avons nos billets pour le show spécial des Zapartistes, et j’ai un ami qui fait une conférence qui me semble prometteuse: Chuck Norris et Steven Seagal contre la philosophie. Je sens que je vais bien rire :P

Bon, je vais profiter de ces dernières heures de week-end pour lire mes nouveaux livres sur ActionScript 3.

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Graduate school…say no!

  

Mon dieu que j’aurais dà» tomber sur ces deux textes là  plus tà´t cette semaine! J’ai fait une demande de transfert dans une autre université, histoire de voir si je peux réussir à finir mon bacc avec des cours plus intéressants. Et de là , lire ces textes…Je regrette mon impulsion de cette semaine. Beaucoup.

Que je suis une indécise avec mes études, moi! Mais je sens que j’ai encore besoin de réfléchir – beaucoup – sur mon avenir académique. Longuement!!!!

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Et ceci est mon 1000ième billet. Wow, déjà  1000 en 6 ans. Je pense bien me faire un gâteau pour célébrer l’occasion! Ou du moins, continuer à vider cette magnifique bouteille de porto que zeBigBoss m’a donné pour ma fête! Tsé, on nous dit de prendre de 5 à 10 portions de fruits par jour, et ce porto est tellement fruité… ;)

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se demande ce que c’est d’être une femme aujourd’hui

  

Aujourd’hui est la journée internationale de la femme. Woupdi-fucking-dou! Si seulement on pouvait réellement la fêter! Un peu pessimiste, la Sekhmet? Ouais. Négativiste, même. Parce que je ne vois pas ce qu’il y a de bien à célébrer en ce dimanche, jour du Seigneur.

Il y a encore des femmes qui sont prises dans cet engrenage qu’est le rà´le maternel et la soumission à l’homme. Il y a encore pleins de femmes qui sont des butins de guerre, violées et martyrisées par les vainqueurs du moment, jetées et abandonnées après usage et considérées comme des souillures, des femmes “polluées”. Il y a encore pleins de femmes qui doivent se taper des emplois de misère, au salaire minimum, ou danser autour d’un poteau pour arriver à nourrir leurs bambins. Il y a encore plein de femmes qui sont mariées de force, par obligation familiale, et ensuite abandonnées par leur famille car elles ont eu le malheur de survivre à leur mari. Honte à elles!

Et de l’autre cà´té du balancier, il y a des femmes qui disent se donner le pouvoir sur leur corps et leur sexe en se dandinant le cul sur des beats hip-hop/dance, et en acceptant de se qualifier comme “hot mama” et “ho”. Bonjour le féminisme!

Je cite des exemples extrêmes, je sais. Il y a pleins d’entre-deux entre ces types de femmes. La mère de famille qui subit en silence, pour le bien de ses enfants, que son mari la traite de salope ou se saoule la gueule à chaque soir sans rien contribuer aux tâches familiales. La secrétaire ou la vendeuse qui tolère silencieusement que oui, pour l’image de la compagnie, elle doit montrer son décolleté. L’adolescente qui veut se sentir dans la gang, être cool, et qui va faire des fellations à ses amis <sarcasme>mais que ce n’est pas sexuel du tout, oh nonnnn!</sarcasme>. Et je passe sous silence pleins d’autres exemples, parce que je n’écris pas assez rapidement pour tous les mots qui me passent par la tête.

Le féminisme est devenu tabou, aussi. Peu de femmes le clâment. C’est comme si se qualifier de féministe nous qualifiait automatique comme femme frustrée finie, émasculatrice et matrone, ultra-indépendante aux cheveux courts et aux allures masculines. Non, je refuse de me définir comme tel. Je suis féministe, mais j’aime m’afficher comme femme aussi. J’aime me poupounner un peu, sentir le parfum de luxe et porter une jupe. Et je me considère féministe. Heartless bitch FTW!

Mais là  o๠je bugge, c’est cet espèce de statu quo que nous, femmes, semblont avoir accepter avec les années. On se complaà®t dans ce que nos aà¯eules ont acquérit pour nous, on se félicite entre femmes de ce que nous avons aujourd’hui, mais c’est tout. That’s it! Les autres, elles n’ont qu’à  se défendre elles-même, pardieu! Pourquoi j’aurais à faire le combat pour celles qui sont prises dans des sociétés patriarcales? Pourquoi je devrais aider la femme battue et prise dans un cercle vicieux? Elle n’a juste qu’à  porter sa colonne vertébrale, maudit!

Voilà  le message que je perçois des femmes autour de moi. C’est comme si on avait arrêté le combat parce que nous, on est bien dans notre quotidien et on peut faire ce que l’on désire. Alors comment puis-je être heureuse en cette journée de la Femme? Comment puis-je me regarder les yeux dans le miroir et me dire “que je suis bien être une femme!”. Il y a encore tant d’injustice et d’inégalités à combattre. Le combat pour l’égalité est loin d’être terminé!

Et moi, je vais célébrer cette journée en faisant mon lavage et la cuisine. Go women!

P.S. en passant, allez lire cet excellent billet de Chroniques Blonde, La femme est un homme comme les autres. Génial! J’aimerais tellement avoir sa plume et sa verve.

P.P.S. Autres liens à partager en cette journée de la Femme: jesuisfeministe.com , une nouvelle initiative web que j’aime bien; mes fameuses Heartless Bitches; et les merveilleuses Chiennes de gardes françaises.

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De la valeur du titre d’historien dans sa vie de tous les jours

  

Autre questionnement du jour: peut-on être un historien sans avoir de diplà´me?

Je me pose la question, parce que sérieusement, j’ai des doutes quand à la profession. Peut-être est-ce mon ouverture sur le monde des technologies qui m’ouvre une autre voie, une autre piste/orientation, à mon domaine d’études, mais je ne crois pas qu’un doctorat change grand chose en ce qui a trait à la pertinence d’un historien. Seuls ses thèses et son argumentation restent pour prouver sa valeur, selon moi. Un bout de papier qui indique “Docteur” dessus ne donne pas plus de crédibilité à un livre (quoiqu’à  voir comment les gens se garochent sur des titres à la Dr Phil et autres personnalités-à -titre-doctorante dans les librairies, je me fais complètement retourner mon argument dans ma face).

J’ai eu énormément de difficultés dans le milieu historique dès qu’il fut question de l’usage des technologies, tant dans nos cours, devoirs et projets/recherches. C’est comme si je me retrouvais face à un immense mur de béton de 10 pieds de haut (et de 5 pieds de profondeur): j’avais l’impression de me péter la tête contre ce mur dès que je voulais défendre la technologie et son intégration dans le domaine de l’histoire et de l’académie universitaire. Oh, il y a des professeurs et des étudiants qui étaient ouverts, mais ce manque flagrant de connaissances technologiques me jetait par terre. C’est beau si la majorité des étudiants savait ouvrir Word, Facebook et leur courriel! Oups, j’oubliais Wikipédia (je reviendrai sur Wikipédia, car ça semblait être le Démon incarné lorsque j’écoutais les gens parler). Mais peut-être était-ce aussi ma formation de multimédia qui me rendait hyper critique sur ce sujet.

Autre point de contention: la fermeture sur le partage des notions et de la connaissance. Je suis une fan de Wikipédia et Wikiversity, dans l’optique o๠l’on peut aider les autres à avancer leur connaissance (et perfectionner les notres) tout en s’assurant de la validité des faits (sinon il y a toujours l’option de débattre de la véracité et validité d’un point dans la section de commentaires de chaque page). J’aime l’idée justement du partage des connaissances: si j’ai une bonne idée, je vais vouloir la partager et voir si elle tient la route lorsqu’elle est débattue/attaquée/approuvée par d’autres. J’ai besoin de discuter avec d’autres personnes, de partager ce que je sais avec quelqu’un ayant le même intérêt/domaine de recherche: c’est ma façon d’avancer dans ma compréhension des événements du passé. Par contre, j’ai toujours détesté cet espèce de silence de plusieurs sur leur sujet de recherche. C’est comme si, en leur demandant leur sujet de recherche/lecture du moment, ils s’attendent à ce qu’on leur vole leurs idées. Je veux bien croire qu’il y a du vol d’idée et de sujets dans le milieu (mais c’est partout pareil, peu importe le domaine), mais ce n’est pas une raison de s’emmurer dans un silence de moine.

Aussi, à avoir observer et discuter un peu avec certains de mes professeurs par le passé, le milieu professoral de l’université ne me plaà®rait pas du tout. Très compétitif, surtout lorsque vient le temps des attributions des fonds de recherche pour l’année. C’est comme une prostitution intellectuelle de haut niveau. On accorde les recherches en fonction de fonds monétaires qui sont octroyés. On tente de les orienter vers des pistes lucratives de recherches. Ça me m’intéresse absolument pas. Je préfèrerais être libre et non-affiliée à un institution d’enseignement pour faire mes recherches comme bon me semble…

Peut-on se déclarer historien sans avoir la scolarité derrière soi? Si les hypothèses sont soutenus par une argumentation forte, et des preuves solides, et si la thèse en question fait progressé le domaine, je crois que si. J’ai tellement lu des livres et essais sur des historiens s’attaquant mutuellement sur leurs compétences et leur scolarité (est-elle pertinente? ses sources sont-elles fiables? etc.) et non sur la thèse en débat, que j’en ai été découragée. J’ai été confrontée pour la première fois à un milieu académique en manque de confiance en soi, prêt à s’entretuer pour un oui ou un non, et à se traiter de menteurs et de fabulateurs. Imaginez si un intrus, non diplomé de surcroà®t, se met de la partie en essayant de “s’improviser” historien: c’en est fini de sa vie!

Pour le moment, je suis vidée d’arguments (j’oublie de traà®ner un carnet de note dans le métro, honte à moi!), mais il est certain que la question mérite une réflexion plus poussée.

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De mon sempiternel questionnement sur mes études et l’université en général

  

Me semble que je suis dans un sempiternel questionnement par rapport à mes études et l’université ces temps-ci…

Une journée, je me dis que je devrais finir ce que j’ai commencé; une autre journée, je me dis que finalement, ça me servirait à quoi, ce petit bout de papier là ?; et puis, je me lève un autre matin, et je m’ennuie d’apprendre, de lire, de réfléchir, d’écrire; et le surlendemain, je me dis que je préfère garder mon argent pour autre chose (comme voyager, ou magasiner plus de livres!)… Je suis pire qu’une femme chez Browns Chaussures (devant le choix de plusieurs paires de talons hauts par exemple) en ce qui concerne la continuation – ou non – de mes études. J’ai envie de me pendre tellement je suis un yo-yo sur ce sujet.

Mais dans le fond, que me donnera ce petit bout de papier à la fin? Un orgueil et une fierté sans borne? Un portefeuille encore plus vide? Un salaire plus grand? Une opportunité d’emploi (Haha, celle-là , je la ris)? Une connaissance incroyable? Je ne sais plus pourquoi je continuerais un programme qui ne me plaà®t plus. Ou plutà´t, qui ne me plaà®t plus à l’endroit o๠je suis. Bien que j’ai adoré mon expérience universitaire à ConU, je dois admettre que je suis plutà´t d’humeur “blaaah”  quand je repense à mes cours. Quelques professeurs avec lesquels j’ai eu des prises de postions totalement à l’opposé de leurs opinions (d’o๠pourquoi je ne veux/peux plus prendre des cours d’études classiques là -bas); des cours obligatoires à prendre qui, somme toute, m’ont ennuyés à mourir et démotivé; une liste de cours qui ne sont même pas reliés à mes intérêts/champs de spécialisation…bref, j’ai beau attendre un jour que l’offre de cours s’améliore, je ne vais pas attendre après ça non plus. Et dire que mon visage a été utilisé pour leur publicité des portes ouvertes de janvier dernier…je me sens un petit peu mal de “bitcher” mon université.

Le portefeuille non plus ne voudrait pas que je retourne aux études. Ou plutà´t si, mais au prix de quel sacrifice dans mon budget? Oh, un ou deux petits cours par sessions, c’est si peu, mais c’est presque 1500$ pour une année de 4 cours: les frais de scolarité, les frais connexes, les frais cachés (parce qu’à  l’université, il y a de plus en plus de frais cachés), le matériel scolaire obligatoire, le matériel non obligatoire mais “fortement” recommandé (lire ici: surement une question ou deux dans l’examen)…L’université est rendue une business, et les étudiants sont des clients qui doivent investir dans leur avenir. Donc cracher votre portefeuille!

On me sort souvent l’argument qu’un baccalauréat, même en rien (lire ici un bacc en histoire ou en littérature), amène un plus grand salaire à long terme. J’en doute. À part dans les fonctions publiques, quel employeur va demander une copie du diplà´me? Il va normalement regarder les compétences et l’expérience bien avant un petit bout de papier. Il y a des exceptions de domaines o๠le diplà´me est nécessaire, j’en conviens. Mais reste que mon employeur se fout bien de mes notions d’histoire, et veut surtout savoir si je sais parser une liste xml pour la traiter en php/css et l’afficher correctement, avec le bon format ISO ou UTF.

Mais là  est le hic: depuis que je suis toute petite que je veux aller à l’université (en histoire en plus)! Je me vois bà»cher jusqu’au doctorat, faire des recherches, me permettre de faire une Lara Croft de moi-même et espérer trouver de quoi sous ses tas de sable égyptien (Indiana Jones a eu de la compétition dans mon imaginaire d’archéologue/historienne avec l’arrivée de la plantureuse Tomb Raider). Je me vois passer de longues heures parmi de vieux documents poussièreux, perdue dans le fin fond d’une bibliothèque à peine fréquentée, en train de m’arracher les cheveux sur un bout de texte qui veut dire fuck all. Je sais, je sais, c’est juste dans les films et séries télé que l’on voit des gens vivrent de la sorte. Mais j’ai toujours aimé ce type de boulot. Un boulot de rêve pour moi, quoi!

Et là , vient aussi le fait de prendre des cours qui ne te tentent pas mais dont ils faut les prendre car ce sont les seuls qui restent pour finir ton bacc. C’est un peu ce dans quoi je suis prise ces temps-ci avec mon université. Des cours qui ne me tentent absolument pas, mais que si je voulais absolument finir mon bacc drette là , je serais bien obligée de choisir parmi ces cours. Je n’ai pas envie de faire un bacc seulement pour faire un bacc. J’ai envie d’étudier sur des sujets que j’aime, qui me passionne; pas de me bourrer le crâne parce que j’ai un examen le lendemain matin sur un sujet qui m’ennuie. C’est clair que je coule mon cours dans ce cas-là !

À me relire, je vois clairement que je ne suis pas encore dà»e pour retourner à l’école. Ou du moins, pas à l’université à laquelle j’étais inscrite. Rien ne semble m’y repousser fortement. J’ai de moins en moins d’incitatifs pour y retourner. Je crois que je dois encore cogiter -et me torture mentalement – quelques temps sur la question!

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No university for me next year

  

Seems like I’m not going back to university next year. Why? Well, none of the courses offered next year are in any of my fields of specialization/interest. I’m kinda disappointed right now…I don’t want to go back and take courses that I’m not even interested in, just for the sake of finishing my degree!

Oh well, guess I’ll continue the self-educating system I’ve managed to create for myself since last year. It works well, and I can learn and improve whatever I’m interested and good in, on my own. I just wished I could finish my damn degree one day, but guess I’ll have to look up for a new field or a new school. Not that I wish to go elsewhere (I really do love ConU), but it seems like I’ll need to if I ever want to finish my history degree. Otherwise, I’ll have to look for something else and just have a minor in history. That could be a good compromise…if only there was something else I wanted to study! Grrrrr…

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Lorsque se faire taper dessus est acceptable dans notre société – précisions

  

Petite apostrophe par rapport  à ce que j’ai écrit dans mon dernier texte. À lire ailleurs les réactions des gens sur ce sujet, j’ai poussé un peu plus ma réflexion.

Tout le monde semble s’entendre sur la solution: y’en a pas! Ou plutà´t elle ne nous est absolument pas évidente, car trop d’éléments sont à prendre en considération. Par contre, il y a une solution qui peut aider à apaiser les douleurs des jeunes rejets. Avoir des parents présents. Des parents prêts à écouter leur progéniture, à les aider, à les éduquer, à les former à devenir des citoyens responsables. Parce que s’il y a des enfants qui s’amusent  à faire mal aux autres, c’est bien parce que la plupart du temps, les parents n’éduquent pas leur enfants, ou du moins ne sont pas assez présents dans leur vie pour les voir aller.

Quand je repense aux parents des jeunes qui s’amusaient à me pousser et m’insulter à l’école, c’est souvent un vide ou une image négative que j’ai de ces parents. Plusieurs des gars qui m’écoeurait étaient ceux qui étaient les vedettes du hockey local. Des parents qui les poussaient dans le dos à performer au hockey. Je passais souvent devant les portes de l’aréna lorsque j’allais au centre sportif, et de voir leurs parents gueuler après, les traiter de fif parce qu’ils n’avaient pas bien jouer…Ça n’excuse pas cette violence décalée sur les autres, mais ça explique enpartie celle que ces jeunes m’exprimaient de temps en temps. D’autres de ces tortionnaires, ayant par moment été des amis “temporaires” chez qui j’allais jouer avec eux, je me souviens que le soir, on pouvait attendre les parents pour souper jusqu’à  18h ou 19h. Et qu’ensuite, l’ami en question ne leur parlait quasiment pas: c’était le culte de la télé, ou du moins il ne fallait juste pas déranger les parents qui vaguaient à leurs occupations d’adulte.

Je considère que c’est une des grandes sources du problème. Le fait que ces jeunes qui abusent les autres ne soient pas supervisés, élevés par leur parents, ou écoutés tout simplement, n’aide en rien la cause. Alors que plusieurs diront que c’est au personnel dans les écoles de faire une meilleure supervision, il faudrait peut-être que le message soit lancé vers les “plus-que-probable” responsables: les parents. Vous avez voulu mettre un enfant au monde, hé bien, il faut maintenant s’en occuper et lui prodiguer toute l’attention nécessaire pour qu’ils grandissent correctement. Ça ne s’élève pas tout seul, un enfant.

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Lorsque se faire taper dessus est acceptable dans notre société

  

Le sujet des derniers jours me rappellent de mauvais souvenirs de jeunesse. Lire ici, ici, là , encore là , et là -bas. Mais aussi ici (j’aime la dernière phrase tout particulièrement).

L’intimidation à l’école, c’est une sujet qui date. On en parle maintenant, les médias en font la une, les gens se scandalisent, mais comme Martin Petit le dit à la fin de son texte, “le monde aime pas le changement”. J’ai l’impression que demain, rien n’aura changé et que tout recommencera. Le même scandale ressortira dans 10 ans, quand un autre jeune en aura assez et fera sauter son école, et que l’on tentera encore de trouver des solutions à coups de commissions parlementaires et de dépenses sur des projets pilotes qui ne donneront peut-être pas grand chose. Criez moi cynique, mais pas grand chose ne changera selon moi. Et on me demande maintenant quand est-ce que j’aurai un enfant: j’ai envie d’en amener dans ce type de monde?

Pour avoir été la souffre-douleur durant mon enfance, je frissonne et sympathise avec la victime . J’aurais juste envie de le prendre dans mes bras et de le serrer fort, en lui marmonnant aux oreilles que ça va passer, qu’il est plus fort et meilleur que les autres, qu’il ira loin dans la vie (en tout cas, plus loin que la majorité d’entre eux); qu’on s’en fout qu’il soit “fif” ou non, qu’il est aimé quand même… Mais est-ce que le jeune qui souffre a envie d’entendre ces mots? Est-il capable d’en faire son mantra et de survivre à cette situation, de se rendre à l’âge adulte?

Parce que oui, c’est une question de survie ici. Survivre à l’âge ingrat qu’est l’adolescence. Survivre à toutes ces insultes, ces attaques à sa confiance, son amour de soi, son corps. Survivre à ces pressions sociales aussi: celle de se conformer aux autres, de ne pas être différent, de ne pas clâmer haut et fort qu’on l’est. Les effets pernicieux de l’intimidation et du rejet chez les victimes se font longtemps sentir. Je comprends mieux pourquoi j’ai un besoin d’attention intense par moment dans ma vie: je me suis cachée si longtemps dans les ombres et les coins à l’école que lorsque j’ai la chance d’avoir le spotlight je le prend.

Toujours est-il que je ne sais toujours pas comment j’ai survécu à mon enfance avec toute cette souffrance, toutes ces attaques physiques et psychologiques purement gratuites. Ça m’a prit des années à comprendre que non, en effet, je ne méritait pas toute cette méchanceté, cette haine contre ma personne, simplement parce que j’existais. Non, je n’étais pas une chienne, un objet à être tapé dessus. Oui, j’étais un être humain comme tous les autres et j’avais le droit de vivre. Que oui, j’avais le droit d’être différente, d’aimer lire, dessiner, marcher, écouter des Sherlock Holmes sur A&E, et de détester les Raiders (équipe américaine de football qui semblait être ben populaire durant ma 6e et mon secondaire 1). Mais ça m’a prit du temps à le comprendre, ça.

J’ai été chanceuse d’avoir quelques adultes qui m’écoutaient et m’aidaient à passer au travers, mais je sais pertinemment que plusieurs autres n’ont pas eu ma chance. Si vous prenez le temps d’écouter les jeunes, ils vous diront qu’une majorité de gens ne feront rien et laisseront les choses aller. De peur de devenir eux aussi des victimes du rejet; de peur que les jeunes en gang se décident à attaquer l’individu qui ose prendre la défense de la victime; de peur, tout simplement, d’agir. De peur de ne pas savoir quoi faire, aussi, et de sentir l’impuissance face à cette situation.

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J’étais Pitou en 5e année. Je n’ai jamais compris d’o๠venait ce qualificatif. Peut-être que ma haine des chiens me vient de ce simple mot qui me donne des frissons encore, et non du chien qui m’a mordu au visage. Passer du rà´le de la petite fille bien normale à celui de la nouvelle à l’école qui est détestée, ce fut difficile. Oh, ma mère m’avait préparée à me faire niaiser sur mon prénom: c’est cruel des enfants, et Débile était tellement évident comme insulte que je me l’étais appropriée…mais Pitou? Je ne l’ai toujours pas compris celle-là , même 18 ans plus tard. Et ce n’était que le début: les menaces de me péter la gueule après les journées de classe; les courses que je faisais pour m’embarrer le plus rapidement à la maison et me protéger; les dà®ners que je passais dans la classe avec la professeur, ou à la bibliothèque. Je ne m’étonne même pas que durant ma 6e année, j’ai manqué environ 7 mois sur 10. L’avantage de ne pas avoir eu le téléphone – ou une mère présente – à la maison durant cette année-là  m’a été fort utile! Il y a eu un cà´té bénéfique: je passais mes après-midi à la bibliothèque municipale à lire. J’apprenais par moi-même, j’y développais mon cà´té autodidacte.  Mais ce n’est pas tout le monde qui réussit à s’isoler dans la lecture et réussit à passer au travers du calvaire.

Oh, j’ai eu un répit en 6e: mes tortionnaires avaient tous été dans le programme linguistique à l’autre école. Mais l’entrée au secondaire fut l’enfer. Mes tortionnaires étaient de retour: les quelques amis que j’ai eu la chance d’avoir ont soudaiment disparus, et j’ai été me cacher de nouveau à la bibliothèque. Les ordinateurs n’étaient pas encore entrer dans les écoles secondaires à cette époque!

Avec les années, j’en ai eu ma claque. J’ai changé d’école. J’ai eu l’impression d’être une lâche, de m’enfuir au combat. Mais lorsque j’ai su que j’étais acceptée à cette nouvelle école – et en enrichie en plus! – un lourd poids s’est enlevé de mes épaules. Je pouvais tout recommencer à nouveau: me créer une nouvelle identité, une nouvelle personnalité. Je n’allais plus être hantée par Pitou. Je vous avouerai que j’ai profité de mes deux dernières semaines à mon école de merde pour régler des comptes: rien de mieux que de finalement ouvrir la case dans la face du p’tit comique qui te l’avait fait quelques mois plus tà´t devant tout le monde. Il ne l’a pas trouvé drà´le, finalement. Moi si, et ce même devant mon directeur. J’ai encore un sourire en coin en écrivant ces mots, même si je sais pertinemment que c’est un geste disgracieux et déplacé. L’extase ressenti avec la disparition du poids sur les épaules, vous n’en avez même pas une idée…

J’ai été chanceuse dans ma malchance. J’ai gardé mon mantra durant toute ma jeunesse. “Tu verras, tous ces idiots n’iront pas loin dans la vie; tu iras loin!”, “Ce sera mieux dès que tu seras une adulte”: combien de fois je me suis martelé ces phrases dans ma tête, dans mes cahiers de dessins et de notes. Je les regardais avec mépris. Je me créais une distance avec cette bande d’attardés. Je peux compter sur une seule main les amis qui me restent de mon temps à cet école de merde. En changeant d’école, j’ai réussis à me créer une gang qui m’acceptait comme j’étais. Encore là , j’ai été chanceuse, c’était des amis sympa, des êtres extraordinaires (dont plusieurs sont encore mes amis). Mais je m’étais dit que plus jamais je me laisserais marcher sur les pieds, que je redeviendrais Pitou…j’ai été quelques fois agressive et sur la défensive, j’ai prit une attitude plus “guerrière” et plus tomboy par la suite, mais je ne me laissais plus niaiser. C’était fini, le temps du rejet.

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Reste que ce phénomène ne se résolu pas facilement. On dit aux jeunes victimes d’en parler avec leurs parents, leurs profs, les adultes autour de soi, mais la majorité du temps, ça donne quoi? Même si j’en parlais, rien n’était fait envers ceux qui s’amusaient à m’insulter et me faire mal. Un certain laissez-aller s’est installé dans nos écoles secondaires, et en parlant avec mon cousin et ma cousine, je remarque que ce n’est tellement différent de mon temps. C’est beau sensibiliser, mais il faudrait commencer à agir. C’est beau des paroles, mais les gestes marquent  plus. Une personne qui prend la défense d’un souffre-douleur; un groupe de l’école (profs, directeurs, psy) qui avisent les parents des jeunes pris sur le fait; un professeur qui sanctionne, ou du moins qui prend les moyens pour faire réaliser aux jeunes fautifs que ce qu’ils font est hyper néfaste; un passant qui aide le jeune qui se fait tabasser. Bref, il faut arrêter de se cacher les yeux. Il faut arrêter d’avoir peur de choquer aussi. Il est temps qu’on porte nos culottes de parents, d’éducateurs, d’adultes, et qu’on encadre nos jeunes. Leur expliquer que si on veut se faire respecter, qu’il faut respecter les autres aussi. Que ça ne se fait pas taper sur les autres jusqu’au temps qu’ils soient dos au mur, prit dans un coin. Ça finit très mal dans ces cas-là …

Bref, de conscientiser et de responsabiliser nos jeunes faces à leurs actes. Mais bon, on a justement le don de déresponsabiliser tout le monde, de nos jours! Alors comment peut-on se regarder dans le miroir, en tant que société, lorsqu’on est même pas capable d’assumer nos actes et de vouloir s’améliorer en apprenant de nos erreurs?

P.S. Je sais qu’il y a des gens qui aident ces jeunes en détresse. Je ne les vise absolument pas avec mon texte. Je tente juste de partager mon expérience de vie, et de sensibiliser les autres à ce sujet.