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Ma colère contre notre société Québécoise

  

Rare que je cite un article de Patrick Lagacé, mais celui-là  vaut le coup! Et quelle marée qu’il déclenche en moi, comme réflexion…Sans compter que l’on a discuté là -desuss, BigBoss et moi, sur l’heure du dà®ner. C’est encore tout frais dans ma tête!

Ça fait des années que je trouve mon peuple, les Québécois, mous et sans colonnes. Sans projets. Sans visions d’avenir. Fermés sur nous-même. On se dit tout le contraire, mais avec le temps, je n’ai gardé qu’une rancoeur et une amertume face à ma société. Nous ne sommes qu’illusion, et on se donne tellement des grands airs de ducs, de princesses, alors que nous ne sommes des petits seigneurs de comté. On se pavane dans notre richesse collective, qui s’effrite pourtant à la vitesse grand V. On va avoir d’l’air d’une belle bande de caves paumés tantà´t, yiiisshhh! Et le restant du monde de rire de notre non-prévoyance et notre irresponsabilité…

Adolescente, j’ai toujours voulu immigrer ailleurs, même si je sais que ce n’est justement pas mieux ailleurs. Je me disais que je pourrais expérimenter un peu plus, avoir accès à plus de variétés, plus d’idées, plus de richesse, plus de projets, de nouveautés, toujours plus…Que je pourrais être en contact avec du monde ouvert, allumé sur autre chose que leur nombril, autant passionné par la vie que moi, curieux. Oui, j’ai vite déchanté, je sais que ce n’est pas plus vert chez le voisin, mais quand même. Il y a des sociétés qui se donnent un peu plus de projets communs qu’ici, c’était ça que je cherchais.

Mes amis me trouvent parfois extrême dans mes propos, ma rage contre la société québécoise, et ma misanthropie. Mais a en entendre parler plusieurs autour de moi, ils pensent majoritairement comme moi. Pourquoi, alors, ne peut-on pas faire front commun et tenter de changer les choses? C’est quand même notre société à nous, nous aussi nous payons pour y vivre. Mais non, nous, les jeunes qui commençont à entrer dans le marché du travail et dans la vie active d’adulte “responsable”, nous entrons dans une déprime collective qui nous immobilise toute envie d’amélioration. Et on s’encrasse, comme nos parents et grand-parents, dans la p’tite vie quotidienne routinière qui va nous tuer nos envies et nos rêves, tranquillement pas vite…

On veut tellement que j’enfante dans ce monde-là , j’ai des pressions incroyables à faire comme tout le monde et devenir mère (<sarcasme>parce que quoi d’autre que ce rà´le peut réellement me donner un sens à ma vie aussi agréable, de femme dans ma société, hein?!!</sarcasme>). Mais comment puis-je accepter, en toute conscience, d’élever mon enfant dans ce monde gris et ennuyeux? Oui, je peux développer moi-même mes projets, montrer à mes enfants cette autre vision de la vie que je semble avoir de différent d’avec les autres, leur montrer que la vie peut être belle et intéressant, bref les élever et faire développer cette curiosité à apprendre et expérimenter la vie. Comment je fais alors pour expliquer à mon enfant, lorsqu’il verra autant de monde pauvre et malheureux autour de lui, que nous n’avons pas assez de places en centre d’accueil pour accepter les sans-abris; pas assez d’argent pour aider les plus démunis à manger à leur faim; pas assez de bénévoles pour aider dans des écoles, des centres pour personnes agées, etc…? Comment je fais pour lui remonter le moral, lorsqu’il sera découragé de ses semblables qui, bien qu’ils clâment tout comme lui qu’ils doivent changer les choses…qu’ils ne feront rien pour aider à collecter des fonds, organiser les tâches et la communication avec le public, trouver du personnel, trouver du temps…?

Em fait, je serais incapable de regarder mon enfant dans les yeux et de lui exprimer toute la fierté d’être en vie et de vivre dans une si belle société que la nà´tre. Parce qu’on en a plus, de la fierté. On l’a vendu avec notre âme pour une p’tite tranche de pain et du divertissement “populaire”, histoire de nous faire relaxer le soir en rentrant de la maison après le boulot.

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