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De la valeur du titre d’historien dans sa vie de tous les jours

  

Autre questionnement du jour: peut-on être un historien sans avoir de diplà´me?

Je me pose la question, parce que sérieusement, j’ai des doutes quand à la profession. Peut-être est-ce mon ouverture sur le monde des technologies qui m’ouvre une autre voie, une autre piste/orientation, à mon domaine d’études, mais je ne crois pas qu’un doctorat change grand chose en ce qui a trait à la pertinence d’un historien. Seuls ses thèses et son argumentation restent pour prouver sa valeur, selon moi. Un bout de papier qui indique “Docteur” dessus ne donne pas plus de crédibilité à un livre (quoiqu’à  voir comment les gens se garochent sur des titres à la Dr Phil et autres personnalités-à -titre-doctorante dans les librairies, je me fais complètement retourner mon argument dans ma face).

J’ai eu énormément de difficultés dans le milieu historique dès qu’il fut question de l’usage des technologies, tant dans nos cours, devoirs et projets/recherches. C’est comme si je me retrouvais face à un immense mur de béton de 10 pieds de haut (et de 5 pieds de profondeur): j’avais l’impression de me péter la tête contre ce mur dès que je voulais défendre la technologie et son intégration dans le domaine de l’histoire et de l’académie universitaire. Oh, il y a des professeurs et des étudiants qui étaient ouverts, mais ce manque flagrant de connaissances technologiques me jetait par terre. C’est beau si la majorité des étudiants savait ouvrir Word, Facebook et leur courriel! Oups, j’oubliais Wikipédia (je reviendrai sur Wikipédia, car ça semblait être le Démon incarné lorsque j’écoutais les gens parler). Mais peut-être était-ce aussi ma formation de multimédia qui me rendait hyper critique sur ce sujet.

Autre point de contention: la fermeture sur le partage des notions et de la connaissance. Je suis une fan de Wikipédia et Wikiversity, dans l’optique o๠l’on peut aider les autres à avancer leur connaissance (et perfectionner les notres) tout en s’assurant de la validité des faits (sinon il y a toujours l’option de débattre de la véracité et validité d’un point dans la section de commentaires de chaque page). J’aime l’idée justement du partage des connaissances: si j’ai une bonne idée, je vais vouloir la partager et voir si elle tient la route lorsqu’elle est débattue/attaquée/approuvée par d’autres. J’ai besoin de discuter avec d’autres personnes, de partager ce que je sais avec quelqu’un ayant le même intérêt/domaine de recherche: c’est ma façon d’avancer dans ma compréhension des événements du passé. Par contre, j’ai toujours détesté cet espèce de silence de plusieurs sur leur sujet de recherche. C’est comme si, en leur demandant leur sujet de recherche/lecture du moment, ils s’attendent à ce qu’on leur vole leurs idées. Je veux bien croire qu’il y a du vol d’idée et de sujets dans le milieu (mais c’est partout pareil, peu importe le domaine), mais ce n’est pas une raison de s’emmurer dans un silence de moine.

Aussi, à avoir observer et discuter un peu avec certains de mes professeurs par le passé, le milieu professoral de l’université ne me plaà®rait pas du tout. Très compétitif, surtout lorsque vient le temps des attributions des fonds de recherche pour l’année. C’est comme une prostitution intellectuelle de haut niveau. On accorde les recherches en fonction de fonds monétaires qui sont octroyés. On tente de les orienter vers des pistes lucratives de recherches. Ça me m’intéresse absolument pas. Je préfèrerais être libre et non-affiliée à un institution d’enseignement pour faire mes recherches comme bon me semble…

Peut-on se déclarer historien sans avoir la scolarité derrière soi? Si les hypothèses sont soutenus par une argumentation forte, et des preuves solides, et si la thèse en question fait progressé le domaine, je crois que si. J’ai tellement lu des livres et essais sur des historiens s’attaquant mutuellement sur leurs compétences et leur scolarité (est-elle pertinente? ses sources sont-elles fiables? etc.) et non sur la thèse en débat, que j’en ai été découragée. J’ai été confrontée pour la première fois à un milieu académique en manque de confiance en soi, prêt à s’entretuer pour un oui ou un non, et à se traiter de menteurs et de fabulateurs. Imaginez si un intrus, non diplomé de surcroà®t, se met de la partie en essayant de “s’improviser” historien: c’en est fini de sa vie!

Pour le moment, je suis vidée d’arguments (j’oublie de traà®ner un carnet de note dans le métro, honte à moi!), mais il est certain que la question mérite une réflexion plus poussée.

0 Comments

  1. Je pense que le milieu historique/universitaire et l’univers de la recherche sont des milieux assez fermés à bien des égards. Et tu as tout à fait raison de dire que les gens de ces milieux gardent pour eux toutes les notions sur lesquelles ils travaillent, alors que la coopération pourrait tellement les amener plus loin…

    Techniquement, je pourrais dire que j’ai deux titres, “historienne de l’art” et “muséologue”, mais ça ne veut tellement rien dire. Le milieu culturel est HYPER fermé. Tu tiens un filon? Tu connais quelqu’un qui connaà®t quelqu’un? Tu as un bon emploi? Eh bien, tu te fermes la trappe. That’s it. Ce n’est pas pour rien que je me suis réorientée en communications. Plus d’ouverture sur l’information et sur les autres.

    L’autre point que tu soulèves, celui des études derrière le “titre”, disons que là  encore, tout dépend du domaine. Je comprends qu’en histoire, les diplà´mes sont importants au sens “esthétique”… C’est joli dans l’entête d’un article d’écrire que l’auteur possède un Ph.D. Mais bon, si une personne maà®trise très bien un sujet, elle n’a pas nécessairement besoin de tout le flafla qui vient avec.

    En passant, moi aussi, je traà®ne toujours un carnet de notes partout o๠je vais! ;)

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