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élizabeth, Roi d’Angleterre – Critique

  

J’ai assisté mardi dernier à la première représentation publique de la pièce élizabeth, Roi d’Angleterre au TNM, mise en scène par René Richard Cyr et écrite par Timothy Findley.

C’est l’actrice Marie-Thérèse Fortin qui incarne la reine élisabeth.

L’histoire se déroule dans la nuit du 22 avril 1616, la veille de l’exécution de l’amant d’élisabeth par la reine elle-même.

Cette nuit-là , élisabeth convoque William Shakespeare et sa troupe pour la distraire avant de voir son amant, le comte d’Essex, disparaà®tre de son univers.

“écoutez-moi. Je vous offre un marché. Enseignez-moi à être une femme… et je vous enseignerai à un être un homme, dit la reine élisabeth à l’acteur Ned, abonné aux rà´les de femmes dans les pièces de Sheakspeare.”

C’est autour de ce thème que tourne la pièce. Déchirée entre sa fonction de reine, qui l’oblige à agir comme un homme, et son statut de femme, élisabeth s’adresse ainsi à cet acteur, connaisseur de l’âme féminine, pour qu’elle recouvre sa féminité.

Ce dialogue entre la reine et l’acteur Ned, incarné par René Richard Cyr, les conduira-t-il à se réconcilier avec eux-mêmes?

tiré du site de radio-canada

Bref, c’est l’histoire de la reine qui a su amené l’à‚ge d’Or à l’Angleterre, et a su donner au futur Empire Britannique les bases solides pour son avenir riche et puissant. J’ai aimé l’interprétation que la comédienne Marie-Thérèse Fortin a fait de la Reine Vierge, et la manière dont elle l’interprêta, dure et froide, royale et affligé du poid de son trà´ne et de son royaume. Une reine conscientisée de son rà´le au Parlement, de son impossibilité d’être femme, d’être émotionnelle et de pouvoir libérer le poid de toute sa peine en public. Une femme qui fut obligé de se changer en homme, d’avoir des couilles, tant elle devait affirmer son droit au pouvoir et au trà´ne de son père dans un monde d’hommes mysogynes et paternalistes du 16e et 17e siècles.

En réalité, on a peu parlé de la pièce lors de notre souper au Café du TNM après la pièce, mais j’ai bien aimé défendre l’idée que la Reine était en fait un homme dans un corps de femme, prise à s’oublier dans cette masculinité qu’elle personnifiait tout le long de son règne, bien qu’à  sa mort, elle a su prouvé qu’une femme pouvait amener d’incommensurables richesses à son royaume et être capable de diriger d’une poigne de fer la politique de l’état. J’ai aimé la pièce, malgré le cà´té sombre et triste qui était discuté parfois.

Pour les fans de la Reine Vierge et de William Shakespeare, c’est une pièce à aller voir. Les acteurs sont très bons (René Richard Cyr en Ned, acteur de la troupe de Shakespeare qui joue toujours des femmes et qui veut absolument montrer à élizabeth à être une femme, était tout simplement sublime!). La mise en scène est minimaliste, mais les effets sonores et visuelles viennent parfaire l’histoire et lui donner un ton crédible.

C’est, à date, la meilleure pièce de la saison du TNM! Allez-y si les bonnes pièces de théâtre vous enchantent.

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