Avoir des enfants ou pas: une affaire de société?

Ahhhhhhh, le merveilleux monde du Web. Autant que l’on peut perdre énormément de temps à surfer là -dessus, autant c’est un outil qui peut nous amener à réfléchir, à penser, à faire bouillir notre matière grise de temps en temps. Ok, souvent, si on navigue sur les bons sites!

Mais bon, rien de mieux que d’aller regarder un lien donné par une personne sur l’Internet. Et rien de mieux que de réfléchir sur le dit lien par la suite. C’est, qu’après tout, le sujet du lien me provoque beaucoup, vient me chercher, me faire questionner sur mon moi-même, mon futur à moi..

À tous mes lecteurs encore sans enfants, la question qui tue: en voulez-vous? Je pose la question, car je suis amenée à penser sur le sujet depuis quelques temps, et à l’émission de Christiane Charrette (diffusé mardi dernier, le 19 juin 2007), disons que ça remet la question dans ma tête. Et le fait que beaucoup de filles autour de moi semble être enceinte, ou l’on été très récemment…

C’est vrai que la question, d’avoir ou non des enfants, est une question qui amène la polémique. Pour moi, la question avait toujours eut une réponse claire dans ma tête: je n’en voulais pas, un point c’est tout. Les quelques personnes qui connaissent moindrement mon passé savent pourquoi, et savent quel a été l’impact de ma vie familiale dysfonctionnelle sur moi dans ma jeunesse. Je ne voulais pas avoir d’enfants, tout simplement parce que 1) je voulais rien savoir d’une relation amoureuse avec quelqu’un, et surtout avoir du sexe avec (euh…ça a changé avec le temps!!!); et 2) à voir comment mes parents me traitaient à l’époque (ils ont complètement abandonner leur rà´le de parents envers moi, et ça m’a prit quelques années à m’en remettre…), je me demandais pourquoi on voulait tant avoir des enfants si ce n’était que pour les abandonner en cours de route, ne pas s’en occuper.

Ma vision a un peu changé avec le temps, et ce à cause de mon ex. Pour lui, il était comme normale, dans la continuité des choses et de la vie, que nous sommes nés pour continuer la lignée humaine, à procréer et donner la vie. Jamais il ne semblait remettre en question ce besoin d’avoir des enfants dans la vie. Pour moi, plus j’avançais dans la vie, plus mon cynisme prenait de l’ampleur: pourquoi propager la vie dans une société que je considérais (et que je considère toujours) comme étant folle et dysfonctionnelle? Je trouvais que c’était un acte totalement inconscient, purement égoà¯ste aussi. Pourquoi vouloir des enfants, si ce n’est que d’un désir égoà¯ste de reproduction de soi-même dans l’éternité, le désir de savoir qu’une partie de soi sera éternelle dans sa propagation de sa propre lignée? Pour moi, bien que je voulais que l’on se souvienne de moi (après ma mort dans un lointain futur), et non pas à cause que j’avais eu des enfants, ce n’était pas une cause assez bonne pour propager mes gênes. Sans compter que l’enfantement semblait tellement douloureux et pénible (gracieuseté de ma mère, dont j’ai assisté à la naissance de mon petit frère dans mes jeunes années, et qui m’avait tellement semblé souffrir d’une atroce douleur tant les cris étaient chargés de douleur et de sacres). Alors, étais-je assez folle pour vouloir avoir des enfants?

Bref, j’avais beaucoup d’arguments qui justifiaient mon non-désir d’enfanter un jour. Le fait de devoir s’occuper d’un autre être, à par soi-même (qui, me semble, est déjà  amplement suffisant), de sa naissance à l’âge adulte (et souvent au-delà , dépendant de son irresponsabilité, de ses décisions de vie, etc) me semblait lourds sur mes épaules. Sans compter que javais eu la mauvaise exemple, dans ma jeunesse, de voir pleins de femmes enceintes ou avec de jeunes enfants les élever seules, abandonnées de leur géniteur mâle, trop peureux de prendre leur rà´le de paternité à coeur. Tout cela peut d’ailleurs effrayer une femme à donner la vie. Moi, ça m’avait effrayer.

Bref, avec mon ex, on avait eu quelques discussions sur les enfants dans la vie. Avec le temps, je m’étais dit que oui, peut-être que l’idée d’avoir des enfants, mes enfants, pourrait se concrétiser. Mais j’avais toujours ce petit doute, dans le fond de ma tête…

Jamais, par contre, je n’avais ressenti de “devoir”, un jour, absolument avoir des enfants. Je bénis mon ancienne belle-famille pour cela: à part le cousin, qui était chiant à constamment me demander pourquoi je n’avais pas encore d’enfants avec mon ex (ça, c’est une autre histoire de frustration et de rage envers les cons de cette espèce que je devrai conter dans un autre billet), jamais on ne m’avait fait sentir une pression sur le sujet. Je bénis aussi ma nouvelle belle-famille: aucune pression, un laissez-vivre total, pas de discussion sur le sujet…Par contre, ma famille, jusqu’à  récemment, m’avait souvent fait sentir que c’était anormal, ne pas avoir d’enfants. Faut dire que je suis une sorte de ‘mouton noire’ dans ma famille, juste de par ma manière de vivre et mes choix qui sont vraiment, mais alors vraiment, différents de ma famille. Le fait que je n’avais pas eu un enfant à 18 ans semblait déjà  être une anomalie; le fait que je voulais étudier plus loin que le secondaire, et ne pas vouloir commencer à travailler immédiatement, était une autre anomalie. Mais bon, passons. Avec le temps, on a arrêté de me poser la question fatidique, et ma mère, qui répond souvent aux gens à ma place, leur répond simplement “quand ça l’a tentera, pas avant!”. Merci maman de me comprendre et de l’accepter 😀

Par contre, le dilemme est encore présent dans ma tête: vouloir ou non des enfants. Avec le temps, je me suis dit que oui, j’en voulais absolument (voyez comment on peut sauter d’une contradiction à une autre dans un court laps de temps!); à un autre moment dans ma vie, je disais que non, je n’en voulais absolument pas…

Alors, quand je lis ou j’entends aux nouvelles les termes “taux de natalité”, “enfants”, “parents” …ça me dépasse. Dans ma tête, le principe que la société dans laquelle on vit vienne nous parler de natalité, et souvent de l’encourager, me dépasse. De kossé que la société, et les gens autour de nous, a d’affaire à venir nous dire si on doit enfanter ou pas? Parce que ça aussi, c’est quelque chose qui me dérange: se faire dire que l’on doit enfanter, que c’est notre rà´le de femme. Mais bon, on entrera dans une discussion féministe une autre fois…

Historiquement parlant, les sociétés ont fonctionnées sur le principle de la famille, de la perpétuation du sang. C’était comme un principle tacite, accepté sans être compris ni contester. Parce que le contester faisait de vous un être différent des autres, un être qui questionnait et remettait les choses en questions…pas bon pour l’autorité qui ne voulait pas vous voir questionner son droit de diriger la société. Avec l’arrivée de l’époque dite ‘moderne’, le questionnement sur la reproduction et les enfants (et le sens de la famille, et tout le tra la la qui vient avec) a commencé à apparaà®tre, et de plus en plus de gens viennent à prà´ner le droit de ne pas avoir d’enfants. Beaucoup de mes cours à l’université se spécialisent sur la question des sexes, de la sexualité et de la reproduction (c’est un domaine qui a commencé à m’intéresser énormément seulement récemment), et on dirait que le sujet de l’enfantement et de la famille redevient d’actualité. Un questionnement sur le rà´le de la famille, tant à travers l’histoire que maintenant dans l’ère du 21e siècle, semble s’imposer dans la société, et elle choque, car elle remet en question beaucoup de gens et beaucoup de valeurs. À en écouter souvent parler autour de moi, les quelques parents qui semblent prendre position et chialer sur leur parentalité sont des mauvais parents, car ils osent chialer sur leurs enfants, leurs rà´les de parents (qui est exigeant), et ne semblent pas apprécier tout l’accomplissement de ce que la maternité/paternité apporte dans la vie des gens. Pourtant, à lire (et connaitre) les gens qui bloguent sur la famille (Mère Indigne et Scrogn sont deux bons exemples), elles ne semblent pas être de mauvaises mères pour autant. Tout justement le contraire, selon moi: elles me rétablissent avec l’idée de la maternité; que c’est normale de ne pas savoir tout le temps comment être une bonne mère; que c’est normale de sauter les plombs parfois…On est humain, et non pas des robots, et il y a des limites à vouloir atteindre la perfection que la société se fait de ce qu’est une bonne famille…m’enfin!

Tout cela pour dire que je ne sais toujours pas si je veux des enfants. Une part de moi veut ce désir égoà¯ste de se reproduire dans l’éternité, propager mes idées dérangeantes, mes idées de révolution et de différence, mes utopies d’un monde possiblement meilleur…Je vois certains parents avec leur enfant, quand ils leur expliquent le monde dans toute sa splendeur, sa complexité, et ça me fait chaud au coeur, cette idée de moi aussi pouvoir transmettre une vision de la vie à mes futurs enfants. Par contre, quand je vois la société dans laquelle on vit, toutes les misères, les merdes, les guerres, les rancunes, les magouilles; quand je vois aussi un parent qui est épuisé, à force de devoir mixer social/travail/enfants/école, ou de voir combien la vie peut coà»ter vraiment plus cher, avec un enfant (parce que en avoir un, c’est des obligations financières/matérielles autant qu’émotionnelles). Quand je vois aussi toute la pollution et le non-respect de l’environnement autour de soi chez beaucoup de gens…ça m’écoeure et je n’ai pas envie d’emmener un enfant dans un monde comme tel. J’aurais trop peur que mon enfant, comprenant toute la laideur possible du monde, et incapable de la surmonter, ne décider de retourner dans les limbes de l’inconscience et de la noirceur (lire ici suicide).

Bref, un long questionnement, qui ne semble pas être encore en soi de se terminer par une réponse dans un futur immédiat. Avoir un enfant n’est pas un événement à prendre à la légère. Cela amène un questionnement lourd de sens, d’introspection et d’analyse. Peut-être est-ce une bonne chose que cela fait déjà  quelques années que je pense à la question. Ça me permettra d’avoir une réponse encore plus claire et nette quand ça arrivera!